Berger blanc

berger blancLe chien de berger blanc jouit officieusement d’une double nationalité. Aux Etats-Unis et au Canada où il est reconnu comme une variété du Berger Allemand, on l’appelle Berger blanc. En Europe, où il n’est pas reconnu, il est le Berger blanc américano-canadien. En fait, ce chien n’existe pas sur le plan officiel. A l’heure actuelle, il est en quête d’identité.
Son histoire commença en Allemagne dans la dernière décennie du XIXe siècle, quand un officier de cavalerie prussien.

Le capitaine Max von Stephanitz, entreprit de créer le chien idéal, qu’il voulait surdoué, intelligent, sain de corps et d’esprit, d’allure noble et élégante. Pour ce faire, il croisa entre eux des chiens de ferme très différents les uns des autres tant par la couleur que par la morphologie. C’est ainsi qu’il obtint le plus polyvalent des chiens de travail, le Berger Allemand. Ses travaux attirèrent l’attention d’autres passionnés, avec lesquels il fonda en 1899 la Verein für Deutsche Schäferhunde (Société pour la défense des Bergers Allemands), qu’on désigne aujourd’hui par les initiales VS. Cette organisation était appelée à devenir le cercle d’élevage le plus influant du monde. Elle établit un standard pour la race, instaura un système d’enregistrement et édicta des règles d’élevage très strictes. Ce sont précisément ces critères de sélection qui posent problème à présent, puisqu’ils excluent du standard les chiens de couleur blanche.
Il est impossible, cependant, de nier la parenté existant entre le chien de Berger Blanc (weisse Schäferhund) et le Berger Allemand. Un fait est d’ailleurs établi : Grief, le grand-père de Horand Von Grafrath -premier représentant de la race Berger Allemand inscrit au Livre des Origines- était un chien blanc unicolore. La lecture des écrits de von Stephanitz montre que le capitaine ne condamna jamais cette couleur de robe. Il faut préciser que dans les portées de Bergers Allemands les chiots blancs ne sont pas rares.

Magnifique berger blanc

Magnifique berger blanc

Des généticiens ont étudié la question et prouvé que le blanc était dû à un gène récessif, transmis au hasard des croisements et au fil des générations par certains mâles : il ne s’agit donc pas d’un cas d’albinisme, puisque la truffe, les babines et les yeux restent -et doivent être- aussi foncé que possible.
Ce n’est qu’au milieu des années trente, après la disparition de von Stephanitz, que ces chiens blancs firent l’objet d’une discrimination. Aujourd’hui, la VS campe sur ces positions et refuse de reconnaître le weisse Schäferhund en se retranchant derrière la bible qu’est le standard, dont elle est seule responsable. A sa suite, la Fédération cynologique internationale et la Société centrale canine se montrent tout aussi intraitable.
A défaut d’être idyllique, la situation est tout autre en Amérique du Nord, où l’animal est accepté et apprécié de longue date. En effet, il a débarqué sur le Nouveau Continent dès les années 1910-1920 : Anne Tracy, l’une des fondatrice du club de race américain, importa dans son pays de très beaux sujets nés en Allemagne, procéda à des accouplements et obtint immédiatement des chiots blancs. L’American Kennel Club (AKC) inscrivit les premiers d’entre eux sur ces registres en 1917. Quelque temps plus tard, un autre éleveur, H.N. Hanchet, se lança à son tour dans l’importation des Bergers Allemands Blancs.
Américains et Canadiens, qui ne se soucient guère des directives de la VS, enregistrent ces chiens sous le nom de Berger Allemand de couleur blanche, à la condition expresse que leurs géniteurs (quelles que soient leurs couleurs) figurent sur les livres de l’American ou du Canadian Kennel Club. De tels sujets sont autorisés à participer à toutes les épreuves de travail aux Etats-Unis comme au Canada.

berger blanc

berger blanc

En 1983, le Berger Blanc était devenu introuvable. Sa disparition résultait du fait que les puristes éliminaient les chiots blancs à la naissance. Ainsi, on peut affirmer qu’aucun travail n’a été effectué en Europe pour fixer les caractères de la « race ». Outre-Atlantique, en revanche, les éleveurs façonnent le type depuis le milieu des années cinquante ; c’est la raison pour laquelle il serait peut-être judicieux de considérer que ce chien, bien qu’ayant des origines communes avec le Berger Allemand, constitue désormais une race à part entière, d’autant plus que les reproducteurs réapparus depuis peu en Allemagne et en Europe sont tous d’origine nord-américaine.
Vue sous cet angle, la destinée de l’animal se joue donc dans une large mesure loin de son pays natal, mais elle dépend également de la position de la VS et des sociétés qui lui sont affiliées. L’idéal serait que les Américains et les Canadiens cessent de l’appeler Berger Allemand Blanc, qu’ils se réclament de leurs « travaux » sur la race et déposent auprès des autorités compétentes un standard du « Berger Blanc Américano-Canadien ».

Si celui-ci était accepté, les quelques quatre mille sujet vivants de par le monde perdraient leur « double nationalité » mais gagneraient une identité.

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Comments
  1. Yannick

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